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Une des refontes de portefeuille les plus édifiantes sur lesquelles j’aie eu l’occasion de travailler ces dernières années mettait en scène Ted, un retraité qui avait adopté une stratégie prudente.

Âgé de 70 ans et divorcé, Ted profitait de la vie vie dans un climat chaud en passant du temps avec sa nouvelle compagne, s’adonnant au plaisir de la photo (et gagnant un peu d’argent à la clé), et savourant le lien étroit qu’il entretenait avec sa fille adulte. Il était extrêmement frugal, une rare folie qu’il s‘était permise étant d’acheter un petit VUS qu’il comptait garder de nombreuses années. Ted m’a dit qu’il était satisfait de faire avec ce qu’il avait : une pension du Régime de pensions du Canada et des retraits extrêmement modestes de son portefeuille (moins de 2 %). Et ce portefeuille n’était pas énorme : environ 450 000 $ en 2018. Cela se traduisait par des flux de trésorerie de 9 000 $ par an de son portefeuille, et même moins si l’on en déduisait les impôts.

Parce que le portefeuille de Ted avait un positionnement si prudent (environ 70 % de ses actifs étaient dans les liquidités et les obligations), je nourrissais quelque inquiétudes sur l’effet de l’inflation sur son pouvoir d’achat, d’autant qu’il avait noté que ses dépenses de santé commençaient à grimper. Dans mon portefeuille « d’après », j’ai donc augmenté ses avoirs en actions de 30 % à 50 %. Avec un taux de dépenses aussi bas que celui de Ted, ai-je avancé, il pouvait sans aucun doute se permettre de prendre des risques supplémentaires en augmentant sa pondération en actions; même si ses avoirs en actions se heurtaient soudain à un marché baissier soutenu, il n’y avait que peu ou pas de chances qu’il ne doive les vendre au plus bas. Et adopter une combinaison d’actifs plus dynamique ne manquerait pas de faire augmenter le solde final de son portefeuille, qu’il pourrait utiliser pour voyager ou laisser à sa fille.

Mais à la réflexion, je me suis demandé si l’augmentation des actions dans le « portefeuille d’après », n’était pas plus réfléchie qu’il ne le fallait. Oui, son portefeuille de départ surpondéré aux obligations présentait peu de potentiel de rendement, et oui, une affectation en actions plus élevée aurait toutes les chances de stimuler les rendements, même si cela serait au risque d’une volatilité supplémentaire. Mais compte tenu du taux de dépenses très modeste de Ted, il pouvait se permettre de maintenir une combinaison d’actifs plus prudente qui lui offrirait une plus grande tranquillité d’esprit que s’il avait un portefeuille davantage axé sur les actions. Ce portefeuille-ci était suffisant.

« Si vous avez gagné la partie… »

L’approche de Ted me rappelle ce précepte que j’associe plus particulièrement au gourou de la répartition d’actifs Bill Bernstein : « Si vous avez gagné la partie, arrêtez-vous de jouer ». L’idée de base est que si vous avez construit votre portefeuille jusqu’au point où il répond à vos besoins, comme l’a fait Ted, vous n’avez pas besoin d’aller à la chasse aux rendements supplémentaires, mais vous pouvez vous consacrer plutôt à obtenir vos flux de trésorerie d’une source positionnée plus prudemment qui puisse vous procurer une tranquillité d’esprit.

Le cas de Ted illustre aussi bien qu’on n’a pas besoin de plusieurs millions de dollars pour se mettre dans le camp du « quand ça suffit, ça suffit » et de favoriser la tranquillité d’esprit. Les gens qui ont des moyens plus modestes peuvent eux aussi y arriver. La clé, c’est que le taux de dépenses du portefeuille devrait être suffisamment bas pour que ça marche, et le portefeuille devrait être positionné de telle sorte qu’il soutiendra ces dépenses tout en s’accommodant de l’inflation et supportant les chocs à court terme.

En même temps, maintenir un portefeuille très prudent peut présenter certains risques spécifiques : par exemple, il se peut que la croissance du portefeuille ne soit pas suffisante pour soutenir le taux de dépenses prévu, ou que les dépenses augmentent en raison de l’inflation ou d’une baisse brutale du train de vie comme en peuvent provoquer des soins à long terme plus tard dans la vie. Si vous songez à éliminer le risque de votre portefeuille de retraite parce que votre taux de dépenses semble faible par rapport à la taille de votre portefeuille, n’oubliez pas d’intégrer à vos calculs les facteurs suivants :

Le faible potentiel de rendement des actifs « sans risque » pose problème

Une considération clé pour les investisseurs attirés par un portefeuille moins volatil où la participation aux actions est plus faible est que le potentiel de rendement des actifs à revenu fixe a nettement diminué au cours des décennies passées. Les rendements courants indiquent bien ce que les actions rapporteront au cours de la prochaine décennie, et le rendement des bons du Trésor américain sur 10 an est de 1,4 %. D’autres obligations de qualité supérieure ont un rendement légèrement supérieur, mais il est difficile de pousser le rendement à un niveau bien supérieur à 2 % sans prendre des risques supplémentaires importants.

Cela a des implications sur les taux de retrait « sûrs ». Après tout, la « règle des 4 % » n’a été soumise à des tests de résistance qu’au cours des périodes où les rendements obligataires étaient bien plus importants, et ces tests de résistance étaient menés dans le cadre d’un portefeuille d’actions et d’obligations équilibré, et pas celui d’un portefeuille qui penchait lourdement vers les obligations. Cela suggère que les retraités qui souhaitent maintenir un portefeuille très prudent ont aussi besoin d’être prudents dans leurs taux de retrait. Le taux de retrait de 2 % de Ted ne semble pas loin du compte.  Le problème, c’est que de nombreux retraités ne trouveraient pas que cela leur assure un flux de revenus qui leur permette de vivre comme ils le voudraient.

Les dépenses pourraient changer

Et même si vous avez à l’esprit un plan de dépenses discipliné pour votre retraite, il convient aussi de se rappeler que les dépenses au cours de la retraite ne sont pas maîtrisées à 100 %. Quiconque est allé à l’épicerie ou a rempli son réservoir d’essence cet été est conscient du risque de hausse des prix. Que les tendances inflationnistes actuelles s’avèrent passagères ou plus durables est le sujet de discussions animées, mais l’inflation est certainement un facteur de risque pour les retraités qui souhaitent garder leurs dépenses à des niveaux très modestes. Il est aussi important de savoir que l’inflation telle que vous l’avez connue peut être différente de l’indice des prix à la consommation en général, surtout si les coûts liés à la santé constituent une grande partie de vos frais. Une inflation plus élevée a le potentiel de faire grimper vos dépenses globales, et par là même votre taux de retraits, à un niveau plus élevé que vous ne l’aviez prévu, même si votre consommation demeure la même.

En plus de l’inflation, il faut savoir que ce à quoi vous dépensez votre argent – donc votre taux de dépenses tout entier – peut aussi changer au cours de votre retraite. Il ressort des recherches effectuées par le spécialiste de la retraite à QMA David Blanchett que les dépenses diminuent pendant les années du milieu pour exploser vers les dernières années, largement en raison des coûts de santé non couverts par les assurances. Si vous n’avez pas échafaudé de plans de dépenses à long terme pour faire face à cette éventualité, il est particulièrement important d’intégrer à vos prévisions ces coûts potentiels.

La valeur d’un deuxième avis

Il y a tellement d’éléments qui entrent dans la création d’un plan de retraite… Les changements dans une partie du plan se répercutent dans une autre. Pour cette raison, il est très important de se procurer un avis professionnel sur une répartition d’actifs ou un programme de retraits que l’on envisage, de façon à en comprendre les conséquences inattendues et à y remédier s’il y a lieu.

Il convient aussi de grouper toutes vos sources – pas seulement celles qui ont trait à votre portefeuille, mais aussi le revenu que vous procurent vos régimes de pensions ou d’autres sources. Après tout, si votre objectif est de créer un plan prudent, une des meilleures façons de s’en assurer est de calculer des flux de trésorerie de retraite de base qui ne proviennent pas de votre portefeuille pour couvrir vos besoins élémentaires. Cela atténue la pression exercée sur votre portefeuille et ses retraits et peut procurer une certaine tranquillité d’esprit.  

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